
Sans vouloir paraître pessimiste (qu'on me lapide si je le deviens) il y a franchement des jours où l'on devrait rester chez soi. Je m'explique : aujourd'hui, et comme chaque Samedi je dois ébaucher un papier. En tant que femme active, sociable et fort sûre d'elle, je me refuse tout bonnement à rester au lit - ou à tout autre endroit de mon appart' - devant mon Mac en pyjama et autre nuisette, les yeux de panda à cause du démaquillage express de la veille et les cheveux emmêlés. Non, non, trop peu pour moi. Telle une star de cinéma, je suis toujours fort bien apprêtée et présentable, de nuit comme de jour. Donc, je mets le réveil tôt (trop tôt), je me pomponne comme il se doit, et hop, mon Mac adoré sous le bras, comme la working girl du Samedi que je suis, je me rends (non, pas au bureau) mais à ce petit café de Montmartre fort fort chaleureux, comme souvent. Bon, tout va bien, je m'installe, tape la causette au serveur façon politiste en campagne et commence à bosser. Un peu. Bon, vous comprendrez bien que franchement, s'user les neurones de la sorte, ça donne soif. Me voilà en train de commander un expresso bien serré, bien noir et tout ce qui s'en suite. Et là, c'est le drame : je dégaine ma CB bien aimée, toute belle & toute dorée (me demandez pas pourquoi j'ai payé plus cher pour qu'elle soit couleur or, j'en sais rien. Je ne connais aucun des avantages que ça m'octroie, je la trouvais juste charmante, point.). Et voilà que le serveur se confond en excuses pour finir par me dire que non, décidément, une CB pour si peu, c'est pas possible. Pardonnez-moi de vivre avec mon temps et d'avoir banni de ma vie les pièces de monnaie. Bref. Et là, j'entends une voix masculine, légèrement éraillée (comme je les aime, ais-je envie d'ajouter) qui s'infiltre dans la conversation, l'air de rien. 'Laissez, c'est pour moi'
Evidemment, moi, je jubile et dans ma tête de jeune femme active qui n'a pas le temps de chercher l'amour, j'imagine déjà l'homme de ma vie, le père de mes enfants que j'aurai dans trèèès longtemps, et tout et tout. Ouais, elle est belle la Jeunesse. Je me risque à me retourner, préparant au passage une oeillade dévastatrice, genre femme-enfant par excellence. Et c'est là que je l'ai vu...
Sebastien.
Ouais, ce n'était pas mon futur Prince Charmant du tout. Mais ma plus terrible histoire, un espèce de salaud qui cache foutrement bien son jeu derrière ses allures de gendre idéal, le Mister Nice Guy en quelque sorte. Je suis une femme forte et sûre de moi, pleine de bon sens, d'esprit et jolie. Légèrement prétencieuse aussi, peut être. Là, pourtant, j'avais l'air supermaligne, muette comme une carpe, les yeux verts grands ouverts, dans l'imitation d'une morue dans toute sa splendeur. Du grand art, vraiment. La suite, ce soir. Quand je me serais assez remise de cette rencontre pour vous l'expliquer en mettant de côté the côté haineux qui m'habite là maintenant tout de suite. Bordel, que je le hais.
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